Le Christ du Carmel : devant Dieu pour tous

Jean de la Croix

Jean de la Croix

Le message de Jean de la Croix nous ramène à l’essentiel : il nous rappelle notre vocation éternelle d’hommes appelés à participer à la vie divine de la Trinité, une vocation à mener dans cette vie, à travers l’obscurité de la foi, avant de déboucher sur la claire vision.

Jean nous montre l’unique chemin, le Christ. Il s’agit pour nous de marcher à sa suite et de vivre en Christ, de participer à son mystère pascal de mort et de vie, de Passion et de Résurrection. Nous sommes appelés à le regarder et à déchiffrer tout événement à sa lumière puisque en Lui, Dieu nous a tout dit, tout donné, bien plus que nous ne pouvons désirer.

Paysage d'Espagne

Jean nous ramène à ce qui demeure. Nous sommes pris par nos tâches, nos services, parfois astreignants, nos interrogations pour l’avenir. C’est normal et cela fait partie de notre condition humaine, mais le risque est de nous laisser prendre, accaparer par des occupations et des préoccupations au point de perdre de vue l’essentiel, la paix du cœur, la paix en profondeur.

Croix au sommet d'une montagne

Jean nous dit comment maintenir à tout prix ce regard de foi confiant et amoureux vers le Christ qui permet de garder la sérénité, le calme, au milieu des travaux et des tracas ou des oppositions. Seul ce regard de foi nous permet d’accepter et d’embrasser la volonté de Dieu telle qu’elle se manifeste à nous concrètement, en ayant cette assurance que Dieu fait tout concourir à notre bien, même notre péché ; qu’il ne nous abandonnera jamais même si parfois il semble dormir comme Jésus dans la barque. Il est avec nous dans la tempête.

Fenêtre d'un cloître

Par l’intercession de Jean de la Croix nous pouvons demander la grâce de répondre aux exigences fortes et douces de Dieu pour remplir notre mission de baptisés, humblement, fidèlement, obscurément, qui est avant tout prière et amour de l’Eglise.  

Flammes O flamme d'amour, vive flamme
Qui me blesses si tendrement
Au plus profond centre de l'âme.
Tu n'es plus amère à présent,
Achève donc, si tu le veux :
Romps enfin le tissu de cet assaut si doux.

O cautère vraiment suave !
O plaie toute délicieuse !
O douce main, touche légère,
Qui a le goût d'éternité.
Par toi toute dette est payée !
Tu me donnes la mort :
en vie elle est changée.

Rayon de lumière dans une grotte O lampes de feu très ardent
Au sein de vos vives splendeurs
Mon sens avec ses profondeurs,
Auparavant aveule et sombre,
En singulière excellence
Donne à la fois chaleur,
lumière au Bien-Aimé !

Et combien doux
et combien tendre
Tu te réveilles en mon sein,
Où seul en secret tu demeures !
Par ta douce spiration,
Pleine de richesse et de gloire,
Combien suavement
tu m'enivres d'amour.